Communiqué de presse

La Suisse à l’avant-garde des sondages ponctuels et autogérés par leurs collaborateurs

Willis Towers Watson Survey Monitor 2017

Novembre 9, 2017
| Suisse

LAUSANNE, 09 novembre 2017 – Les entreprises suisses sont parmi les premières à s’approprier les pulse surveys, ces sondages ponctuels sur l’humeur des collaborateurs à propos d’un sujet précis, comme le montre le Survey Monitor, une étude réalisée chaque année par Willis Towers Watson, consultant mondial en ressources humaines.

Les enquêtes dénommées « Pulse surveys » s’inscrivent dans le cadre d’une « stratégie d’écoute active », une tendance émergente de l'analyse des ressources humaines et qui a pour objectif d’influencer positivement les personnes et les compagnies en suivant le ressenti des collaborateurs tout au long de leur parcours, de la phase de pré-embauche en passant par l’accueil, la gestion des performances et du développement, jusqu’au moment de leur départ de l’entreprise.

La plupart des entreprises fondent leur stratégie d’écoute sur un recensement général de tous les salariés visant à dégager un courant de pensée général sur toutes sortes de sujets pour développer des plans d’action sur cette base. Cette enquête fondamentale est complétée par des « prises de température » sur des sujets précis, permettant de recueillir plus régulièrement les commentaires et impressions des employés.

38% des participants suisses au Survey Monitor déclarent que leur entreprise se contentait toujours des enquêtes générales comme seule source d’information, tandis que 35% mènent également des sondages ponctuels pour compléter le tableau. 17% des participants ont même entièrement abandonné les enquêtes globales pour ne pratiquer que des sondages ponctuels. Enfin, les 10% restants n’ont recours à aucune de ces deux méthodes. Pour comparaison : lors du Survey Monitor 2016, seulement un participant sur quatre consultait ponctuellement les collaborateurs et 11% envisageaient d’introduire cette méthode.

Les sondages ponctuels semblent donc désormais être assez bien implantés en Suisse, à la différence d’autres pays européens où les adeptes des pulse surveys sont encore minoritaires (figure 1). Les sondages à l’embauche et au départ de l’entreprise sont également plus répandus en Suisse que dans le reste de l’Europe continentale. Par ailleurs, près de la moitié des participants suisses réalisent leurs sondages ponctuels à l’aide d’une technologie autogérée, tandis que dans les autres pays européens, une vaste majorité d’entreprises charge un prestataire externe de conduire un tel sondage.

Figure 1: Types de sondages employés en Suisse et dans la moyenne européenne

Types de sondages employés en Suisse et dans la moyenne européenne

La description que donnent les participants au Survey Monitor d’une enquête globale ou d’un sondage ponctuel dans leur entreprise illustre parfaitement la vocation différente des deux pratiques. Les participants expliquent que leurs enquêtes de recensement comportent entre 30 et 40 questions (34% des participants), sont effectuées à intervalles semestrielles (40%) et prennent souvent la forme de questionnaires sur papier (43%). Les sondages ponctuels portent sur 15 questions ou moins (76%), interviennent à un rythme très occasionnel (68%), et leurs résultats ne sont destinés qu’à la hiérarchie supérieure (72% indiquent un reporting sélectif des résultats). Pour les enquêtes générales, un taux de retour de 70 à 89% constitue la norme et déclenche un suivi, tandis que pour les sondages ponctuels, le taux de réponse est plutôt de l’ordre de 50 à 59%.

Les différences entre un sondage éclair et une enquête globale apparaissent aussi dans les raisons invoquées par les participants pour les mener dans leur entreprise (figure 2 et 3). Les sondages ponctuels constituent une mesure isolée, doivent permettre de connaître l’opinion et les états d’âme d’équipes spécifiques au sujet de plans d’action projetés ou forment le complément d’enquêtes plus exhaustives et servent à vérifier les progrès accomplis.

Les enquêtes générales en revanche sont normalement menées pour identifier des opportunités et inclure les collaborateurs dans les processus décisionnels. L’amélioration de la performance de l’entreprise, par exemple à travers l’utilisation des résultats comme indicateurs de performance clés (KPI), est moins souvent invoquée comme motif, bien que Willis Towers Watson ait établi une corrélation nette entre la performance d’une entreprise et l’engagement de ses collaborateurs stimulé par une culture participative favorisant le bien-être.

Figure 2: Les raisons de mener une enquête dans les sociétés suisses

Les raisons de mener une    enquête  dans les sociétés suisses

Figure 3 : Les raisons de mener un sondage dans les sociétés suisses

Les raisons de mener une enquête sondage  dans les sociétés suisse

Dans la logique d’une approche agile, le retour après un sondage ponctuel est généralement très rapide, tandis qu’il faut compter plus de temps pour le dépouillement des résultats d’une enquête (figure 4). Dans un cas sur deux, les résultats d’un sondage éclair sont connus en l’espace d’une semaine, le retour est même immédiat pour un sondage sur trois. A l’inverse, la plupart des sociétés mettent cinq semaines ou plus pour communiquer les résultats d’une enquête. Une explication possible réside dans le fait que près de la moitié des participants travaillent toujours avec des questionnaires sur papier, ce qui prend plus de temps à traiter.

Une société sur dix est pourtant capable de transmettre les résultats d’une enquête à tous les cadres dirigeants en l’espace d’une semaine, ce qui permet de penser qu’il reste un immense potentiel d’amélioration. Un aspect surprenant est que les participants affirment en majorité, en Suisse comme en Europe, que leur société continue de distribuer des rapports statiques de résultats hors ligne, par exemple sous forme de documents PDF. Comme lors de précédentes éditions du Survey Monitor, seul environ un participant sur trois utilise des rapports interactifs en ligne. Les participants qui ont pris cette habitude sont pourtant plus susceptibles d’attribuer le qualificatif « très conviviaux » à leurs rapports que ceux qui utilisent toujours les rapports statiques hors ligne (19% vs. 9%).

Figure 4: Délais pour le reporting en Suisse après une enquête ou un sondage ponctuel

Délais pour le reporting en Suisse après    une enquête ou un sondage ponctuel

Le fait d’inclure des sondages ponctuels dans sa stratégie d’écoute peut contribuer à atténuer les problèmes de suivi. Comme lors de précédentes éditions du Survey Monitor, la majorité des participants (57%) identifie dans le suivi le défi majeur du processus de sondage des collaborateurs. Ce problème figure largement en tête devant d’autres défis tels que l’adaptation des cadres (27%) ou la coordination interne (10%). Or, dans les entreprises qui utilisent une forme combinée d’enquêtes régulières et de sondages ponctuels pour mesurer les progrès accomplis, ceux qui ressentent le suivi comme défi majeur sont nettement moins nombreux (46%).

En résumé, le Survey Monitor 2017 de Willis Towers Watson révèle que les sociétés suisses ont plus tendance à combiner leurs enquêtes globales avec des sondages ponctuels agiles que le reste de l’Europe. Les enquêtes générales constituent la charpente de la stratégie d’écoute, elles intègrent toute l’entreprise et tout le potentiel de planification d’actions. Les sondages ponctuels sont indispensables pour compléter le tableau, ils sont réalisés sporadiquement afin de vérifier les progrès accomplis par une initiative spécifique, ou dans une équipe déterminée afin d’apporter des informations supplémentaires pour le processus de suivi après une enquête.

Une approche combinant les enquêtes globales et les sondages éclair dès l’entrée d’un employé dans l’entreprise et se poursuivant tout au long de son cycle de vie au sein de la compagnie permet de comprendre la culture organisationnelle, l’engagement des collaborateurs et la corrélation de ces paramètres avec la performance de l’entreprise de manière approfondie, et contribue en fin de compte à une expérience plus satisfaisante pour les collaborateurs.

Informations de fond sur l’étude

Dans son enquête annuelle « Survey Monitor », Willis Towers Watson interroge des professionnels RH sur les techniques de sondage des collaborateurs utilisées dans leur entreprise pour voir si les stratégies d’écoute active sont déjà monnaie courante dans les entreprises européennes et quelles en sont les conséquences au niveau du reporting et du suivi.

Cette année, 181 professionnels RH en provenance de toute l’Europe ont participé à l’enquête, dont 48 en Suisse. Les participants proviennent de secteurs d’activité très disparates et représentent aussi bien des entreprises locales que des sociétés au rayonnement international.