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Article | Le pouls du marché des rentes collectives

Le pouls du marché des rentes collectives – Troisième trimestre de 2020

Investments|Retirement
N/A

Par Marco Dickner et Charbel Abi-Assal | 18 novembre 2020

Chaque trimestre, l’équipe de souscription de rentes collectives de Willis Towers Watson fournit des renseignements à jour sur le marché canadien des rentes collectives.

Principales observations

  • Les souscriptions de rentes collectives au cours du troisième trimestre de 2020 sont estimées à 2,2 milliards de dollars, générées par d’importantes transactions.
  • Depuis le début de l’année, les souscriptions ont totalisé 2,7 milliards de dollars, ce qui se rapproche du chiffre d’affaires total à la même période l’an dernier (2,6 milliards de dollars).
  • Même si plusieurs transactions doivent avoir lieu au cours du quatrième trimestre de 2020, il est peu probable que nous observions une huitième année record consécutive.
Indice de souscription de rentes de Willis Towers Watson 1, 2
Graphique montrant les ventes annuelles de rentes en milliards
Tableau de l’indice de souscription de rentes de Willis Towers Watson indiquant les ventes annuelles en milliards de dollars de 2013 à 2020, ainsi qu’une moyenne pour la période de 2008 à 2012.

(en milliards de $)

Conseils de l’ICA pour la souscription de rentes collectives 3

L’Institut canadien des actuaires (« ICA ») conseille les actuaires dans leur sélection d’hypothèses aux fins de l’évaluation actuarielle en ce qui a trait aux prix d’achat de rentes, sans qu’ils aient à demander de nouvelles soumissions, et ce, en publiant périodiquement une note explicative qui fournit des indications quant à la tarification du marché, à une date donnée, pour trois blocs de portefeuilles de durées différentes.

Taux d’actualisation conseillé par I’ICA pour la souscription de rentes collectives (pour le passif ayant une durée moyenne)
Graphique montrant les taux d'actualisation des achats de rentes collectives de l'ICA
Tableau des taux d’actualisation recommandés par l’ICA pour les souscriptions de rentes collectives au fil du temps.

Les plus récents conseils de l’ICA indiquent que les taux d’achat de rentes correspondent au taux de rendement moyen non redressé des obligations négociables à long terme du gouvernement du Canada (CANSIM V39062) augmenté de 150 points de base (combinés à la table de mortalité CPM2014Proj) dans le cas de rentes non indexées et d’une durée moyenne, d’où un taux d’actualisation de 2,49 % au 30 septembre 2020 (il était de 2,96 % au 31 décembre 2019).

Cette baisse de 47 pb depuis le début de l’année du taux d’actualisation conseillé par l’ICA s’explique par le recul du rendement des obligations du gouvernement du Canada (77 pb), recul en partie compensé par l’augmentation de 30 pb de l’écart conseillé par l’ICA pour les rentes non indexées d’une durée moyenne.

Effets de la COVID-19 sur le marché des rentes collectives en 2020

Les promoteurs de régimes qui ont souscrit des rentes en 2020 ont économisé des dizaines de millions de dollars!

La pandémie de COVID-19 a porté ombrage à de nombreux secteurs de l’économie, mais comme toute crise, elle a aussi présenté certaines occasions. Willis Towers Watson a aidé de nombreux promoteurs de régimes à effectuer des transactions en 2020, visant des passifs d’une valeur combinée supérieure à 2 milliards de dollars. Selon notre évaluation globale, toutes choses étant égales par ailleurs, les promoteurs de régimes qui ont vendu des obligations pour souscrire des rentes cette année ont économisé des dizaines de millions de dollars par rapport à ce qu’ils auraient payé avant la pandémie. Voici un tableau qui résume les effets de la pandémie sur divers facteurs qui ont influé sur le prix des rentes en 2020.

Effets de la COVID-19 sur le marché des rentes collectives en 2020

Tableau résumant les effets de la COVID-19 sur le marché des rentes collectives en 2020
Facteur Incidence sur la tarification des rentes
Perspective des assureurs quant à la mortalité Aucune incidence (voir ci-dessous)
Taux d’intérêt Effet neutre ou négatif (voir ci-dessous)
Augmentation des écarts de crédit Effet positif (voir le bulletin Le pouls du marché des rentes collectives – Deuxième trimestre de 2020)
Offre et demande Effet positif (voir ci-dessous)

Perspective des assureurs quant à la mortalité – Bien que la COVID-19 ait déjà causé plus d’un million de décès dans le monde, dont 10 000 au Canada, la plupart des assureurs et des réassureurs estiment qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions et revoir leurs hypothèses en matière de mortalité.

Une étude récente menée par Willis Towers Watson au Royaume-Uni (en anglais) en est venue au même constat en ce qui concerne les effets de la COVID-19 sur les régimes de retraite. Malgré les répercussions catastrophiques de la pandémie, il est peu probable qu’elle ait eu un effet important sur la mortalité dans le cadre des régimes de retraite. En fait, les promoteurs de régimes ne doivent pas s’attendre à ce que le passif de leurs régimes diminue de plus de 0,1 % en raison des décès survenus en 2020.

À court terme du moins, il demeure peu probable que la pandémie amène les assureurs à revoir à la baisse leurs prévisions quant à l’amélioration de l’espérance de vie et qu’ils diminuent les prix des rentes pour cette raison. Les tendances se dessinent sur de longues périodes et nous savons que les assureurs font généralement preuve de prudence avant d’incorporer dans leurs tarifs des tendances réduisant l’espérance de vie. Par conséquent, malgré ce à quoi on pourrait s’attendre, l’augmentation des décès attribuable à la COVID-19 ne s’est pas traduite par une tarification des rentes plus avantageuse en 2020.

Taux d’intérêt – Plus les taux d’intérêt sont bas, plus la souscription de contrats de rente est coûteuse, puisque les sociétés d’assurance établissent les prix de façon similaire aux titres à revenu fixe. Toutefois, les conséquences des faibles taux d’intérêt pour les promoteurs de régimes qui souhaitent souscrire des rentes dépendent des actifs qu’ils comptent affecter au paiement de la prime.

S’ils vendent des obligations dans le but de souscrire des rentes, la hausse des primes de rente attribuable à la baisse des taux d’intérêt sera en grande partie annulée par l’augmentation de la valeur du portefeuille obligataire sous-jacent. Voici une analogie : si vous êtes propriétaire et recherchez une nouvelle maison dans un marché en pleine ébullition, vous devrez peut-être payer plus cher votre nouvelle maison, mais l’ancienne vous rapportera davantage.

En revanche, les promoteurs de régimes qui n’ont pas réduit le profil de risque de leur portefeuille constateront peut-être que leur position de solvabilité s’est détériorée en 2020, en raison de la baisse des taux d’intérêt. Qui plus est, les rentes leur paraîtront chères s’ils doivent vendre des actions pour les acheter.

Offre et demande – Les effets de la pandémie ont entraîné une diminution de la demande durant la première moitié de l’année, mais ils ont aussi poussé les assureurs à se livrer une concurrence plus vive au troisième trimestre, ce qui joue en faveur des promoteurs de régimes qui cherchent à souscrire des rentes en ce moment.

À noter

1 Pour la période de 2008 à 2012, nous n’avons pas accès aux données sur la répartition des ventes entre les souscriptions de rentes sans rachat des engagements (« buy-in ») ou avec rachat des engagements (« buy-out ») pour les régimes qui ont pris fin et les souscriptions avec rachat des engagements pour les régimes en vigueur.

2 Source des données : LIMRA, BMO Groupe Financier, La Compagnie de Rentes Brookfield, Canada-Vie, Co-operators Compagnie d’assurance-vie, Desjardins Sécurité financière, Industrielle Alliance, RBC Assurances et Financière Sun Life.

3 Vous trouverez des précisions sur le taux d’actualisation le plus récent conseillé par l’ICA pour les souscriptions de rentes collectives à l’adresse www.cia-ica.ca/publications/guidance.

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Auteurs

Chef de la gestion des risques de retraite

Chef, Équipe de souscription de rentes

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