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Article | Le pouls du marché des rentes collectives

Le pouls du marché des rentes collectives – Premier trimestre de 2020

Investments|Retirement
N/A

Par Marco Dickner | 28 avril 2020

Chaque trimestre, l’équipe de souscription de rentes collectives de Willis Towers Watson fournit des renseignements à jour sur le marché canadien des rentes collectives.

Principales observations :

  • Le volume des souscriptions sur le marché des rentes collectives pour le premier trimestre de 2020 est estimé à 50 millions de dollars, comparativement à 1 milliard de dollars pour la même période en 2019.
  • Plusieurs transactions qui devaient avoir lieu au premier trimestre ont été annulées ou reportées en raison de la crise de la COVID-19 et de la volatilité des marchés financiers.
  • Même si plusieurs promoteurs de régimes espèrent toujours pouvoir souscrire des rentes plus tard cette année, le volume total pour 2020 pourrait être inférieur à celui de 2019.
Tableau de l’indice de souscription de rentes de Willis Towers Watson indiquant les ventes annuelles en milliards de dollars de 2013 à 2020, ainsi qu’une moyenne pour la période de 2008 à 2012
Indice de souscription de rentes de Willis Towers Watson

Ventes (en milliards de $)

Taux conseillé par l’ICA pour la souscription de rentes

Le taux d’actualisation conseillé par l’Institut canadien des actuaires (« ICA ») vise à fournir aux actuaires des indications quant à la tarification au marché, à une date donnée, pour des blocs de portefeuilles de trois durées différentes. Cette note éducative permet aux actuaires de faire un choix d’hypothèses aux fins de l’évaluation actuarielle, sans avoir à demander de nouvelles soumissions aux assureurs pour une souscription de rentes.

Tableau du taux d’actualisation recommandé par l’Institut canadien des actuaires (ICA) pour les souscriptions de rentes collectives
Taux d’actualisation conseillé par I’ICA pour la souscription de rentes collectives (pour le passif ayant une durée moyenne)

 

Le plus récent taux d’actualisation conseillé par l’ICA pour les souscriptions de rentes établit un écart de 160 points de base au-dessus des taux de la série CANSIM V39062 non rajustés (de concert avec la table de CPM2014Proj) pour les souscriptions de rentes non indexées dont les engagements sont d’une durée moyenne, ce qui génère un taux d’actualisation de 2,78 % au 31 mars 2020 (en baisse comparativement au taux de 2,96 % au 31 décembre 2019).

Cette baisse de 18 points de base du taux d’actualisation conseillé par l’ICA depuis le début de l’année s’explique par le recul du rendement des obligations du gouvernement du Canada (58 points de base), partiellement neutralisé par l’augmentation de l’écart de 40 points de base conseillé par l’ICA pour les rentes non indexées d’une durée moyenne.

Effets de la volatilité des marchés financiers

La récente instabilité des marchés donne des maux de tête à de nombreux promoteurs de régimes, car la solvabilité de ces derniers souffre de la baisse des cours boursiers et des taux d’actualisation. De nombreux régimes de retraite qui, au début de l’année, pouvaient se permettre de souscrire des rentes avec rachat des engagements (« buy-out »), ne peuvent plus agir sans que leur bilan soit fortement compromis ou sans devoir verser une cotisation spéciale pour financer leur déficit de solvabilité. Dans certaines provinces, ils doivent aussi obtenir l’autorisation de l’organisme de réglementation avant de procéder à une souscription de rentes avec rachat des engagements.

Du point de vue des assureurs, la volatilité du marché des obligations rend la tarification des rentes collectives plus difficile.

Du point de vue des assureurs, la volatilité du marché des obligations rend la tarification des rentes collectives plus difficile. Nous avons vu récemment des assureurs refuser de garantir leurs soumissions pour plus de quelques heures, ou se sentir obligés d’ajouter une marge à leur tarification en cas de dégradation des rendements obligataires dans le courant de la journée. Dans le cas d’importantes transactions, on craint aussi que l’assureur sélectionné ne dispose pas de suffisamment de temps pour couvrir sa position avant la fermeture du marché. Ce risque n’épargne pas les promoteurs de régimes, puisque leurs titres sont également sensibles à la volatilité et qu’ils peuvent avoir du mal à liquider des obligations pour payer la prime des rentes qu’ils souscrivent. Devant cette situation, nous recommandons d’opter pour des transferts en nature dans la mesure du possible et d’envisager un mécanisme d’ajustement du prix pour la partie de la prime réglée en espèces.

Y a-t-il des occasions d’achat?

Les épreuves peuvent aussi donner lieu à des occasions :

Un marché d’acheteurs : Avant le début de la crise, nous nous attendions à de nouveaux records en 2020, vu la forte demande manifestée par les promoteurs de régimes. Évidemment, nos prévisions ne valent plus aujourd’hui, car les promoteurs ont été nombreux à remettre à plus tard leurs transactions, étant donné la détérioration de la situation financière de leurs régimes. Toutefois, les régimes de retraite qui étaient pleinement capitalisés et qui avaient réduit leurs risques avant la crise pourraient profiter aujourd’hui d’un marché qui favorise désormais les acheteurs, puisque les assureurs se disputent âprement les rares occasions d’affaires qui restent.

Meilleure tarification : Depuis le début du deuxième trimestre, les assureurs bénéficient de la hausse des écarts de taux des titres à revenu fixe qu’ils souscrivent pour établir de nouvelles rentes. Cette hausse, dont témoigne l’écart conseillé par l’ICA au 31 mars 2020 – 160 pb, un sommet encore inégalé –, se traduit par des primes de rente moins élevées par rapport aux obligations de bonne qualité. La situation des marchés financiers évolue de jour en jour, mais la conjoncture à la fin du premier trimestre et au début du deuxième trimestre présente de véritables occasions pour les régimes de retraite qui détiennent un portefeuille d’obligations de très bonne qualité et qui sont disposés à en remplacer une partie par des contrats de rente.

Transaction sans rachat des engagements (« buy-in »), dans un but stratégique : Nous vous rappelons que souscrire une rente sans rachat des engagements constitue un investissement et qu’une telle opération ne nécessite pas d’autorisation réglementaire ni de cotisation spéciale. Une telle transaction peut constituer une stratégie à court terme visant à profiter d’un prix favorable, en attendant de passer à une rente avec rachat des engagements (« buy-out ») lorsque la situation se sera redressée.

À noter :

  1. Pour la période de 2008 à 2012, nous n’avons pas accès aux données sur la répartition des ventes entre les souscriptions de rentes sans rachat des engagements (« buy-in ») ou avec rachat des engagements (« buy-out ») pour les régimes qui ont pris fin et les souscriptions avec rachat des engagements pour les régimes en vigueur. Les ententes d’assurance longévité sont exclues.
  2. Source des données : LIMRA, BMO Groupe Financier, La Compagnie de Rentes Brookfield, Canada-Vie, Co-operators Compagnie d’assurance-vie, Desjardins Sécurité financière, Industrielle Alliance, RBC Assurances et Financière Sun Life.
  3. Vous trouverez des précisions sur le taux d’actualisation le plus récent conseillé par l’Institut canadien des actuaires pour les souscriptions de rentes collectives à l’adresse www.cia-ica.ca/fr/publications/materiel.
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Le pouls du marché des rentes collectives - Premier trimestre de 2020 PDF .2 MB
Auteurs

Chef de la gestion des risques de retraite

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